Directeur Supply Chain : comment valoriser votre OTIF ?
Un point supplémentaire de votre taux de service vaut-il 0,5 %, 1 %, 5 %, voire plus de votre chiffre d’affaires ?
C’est une question à laquelle je me suis confronté plusieurs fois lors de diagnostics supply chain pour des clients industriels. Si l’OTIF reflète une partie importante de l’expérience client, il n’est pas facile de le traduire en euros sonnants et trébuchants. Mais comment alors valoriser tous les efforts que vous allez mettre en œuvre pour atteindre le graal ? Je me suis essayé à quelques axes de réflexion qui n’engagent que moi.
I. Des ventes additionnelles
Dans un environnement où la fiabilité est un avantage concurrentiel, chaque point d’OTIF gagné séduira même les acheteurs les plus sévères et fera pencher indéniablement votre offre dans la balance face à un concurrent au niveau de service médiocre. Vous grignotez donc des parts de marché et lorsque vous passez à la cafet, votre directeur commercial vous fait une grande claque dans le dos en riant très fort. Vous pensez que, finalement, il vous aime bien.
II. Des ventes reportées récupérées
La formulation est un peu lourde, mais c’est une réalité. Plus vous honorez vos commandes du premier coup et à temps, plus vite vos clients règlent la facture. Cela mettra toujours un peu de beurre dans les épinards avant la clôture comptable et avec un peu de chance vous verrez votre DAF émettre un léger sourire lorsque vous le croiserez dans le couloir.
III. Moins de plaintes clients
On n’y pense jamais assez, mais un client qui n’est pas livré à temps est insatisfait, et lorsqu’il n’est pas content, il appelle votre service client dont il connaît le numéro par cœur… Si l’on considère que chaque appel durait en moyenne 10 minutes et qu’une bonne demi-douzaine de clients appelaient chaque heure, vous avez gagné facilement 3 ETP à l’AdV – temps qui sera enfin utilisé pour des tâches à valeur ajoutée. Le responsable service client vous doit une reconnaissance éternelle et toute l’équipe vous fait la « Ola » quand vous traversez son étage.
IV. Un catalogue produit qui s’épanouit
Avant, le marketing produit rongeait son frein alors qu’ils avaient plein de nouvelles idées de développement. Un nouveau packaging par-ci, une nouvelle option par là… mais à chaque fois on leur répondait qu’on avait d’autres chats à fouetter (l’OTIF, en fait). Maintenant, c’est complètement différent : tout est devenu possible… même le directeur industriel a des idées pour étoffer la gamme et il participe aux réunions de brainstorming… c’est à peine croyable.
Bref, valoriser son OTIF n’est pas simple, mais au moins ça détend les nerfs, et ça, ça n’a pas de prix !